7 janvier 2011

Vers le sommet du Kilimandjaro

Prologue – Aventures en Tanzanie

Thomas Kieller

Le relief du Kilimandjaro.

Au-delà du mont Kilimandjaro, des villes tanzaniennes comme Arusha, Dar es Salaam et Stone Town, des vastes champs rouge-orange
et des récurrentes périodes de sécheresse, il y a avant tout la force de vivre des Tanzaniens.


L’idée de gravir l’emblématique Kilimandjaro m'est venue il y a quelques années afin de jumeler le plaisir de me surpasser dans une épreuve physique tout en découvrant une culture différente au cœur de l'Afrique.

Ce stratovolcan de tout près de 6 000 mètres d'altitude allait sans doute me donner le défi que je recherchais. Pour vivre à fond la différence culturelle, j'ai décidé d'entreprendre cette aventure en octobre qui représente la fin de la période de la sécheresse en Tanzanie où le soleil frappe dur, la terre est d'une couleur rouge-orange et plusieurs arbres sont dégarnis de leurs feuilles. J'aillais donc découvrir l'exotisme du vieux continent sans détour.

La Tanzanie tout comme l'ensemble de l'Afrique est un coin du monde méconnu sur le plan culturel. Avec ce voyage, j'avais la possibilité de comprendre un peu c’est quoi le style de vie des Tanzaniens. Un mois d'immersion amènerait sans doute son lot de surprises, mais à quel point? Faites-moi confiance, je vous le raconterais.

Pour moi, il ne restait plus qu'une chose à faire, établir un itinéraire. Pas facile quand on n'est pas originaire de ce pays éloigné. Les choix de routes sur les cartes géographiques sont nombreux et ne disent pas grand chose sur le plan de la sécurité (un aspect non négligeable). Mais quand on connaît quelqu'un sur place qui peut nous conseiller la donne change. Après quelques semaines de repérage de routes et de sentiers, un chemin se traçait. J'ai opté pour une ascension du Kili en sept jours par la route Lemosho et en passant par la porte de Londorossi afin d'arriver au pic d'Uhuru, communément appelé par les Tanzaniens. En ce qui concerne le retour, deux jours de descente suffisent pour arriver à la porte de Mweka. Bref, 65 km en neuf jours.

Pour m'assurer que le challenge de gravir cette montagne allait venir me chercher complètement, je me suis lancé une difficulté supplémentaire, c'est-à-dire avant l'ascension j'ai décidé de marcher un additionnel 60 km en deux jours. De cette façon, je serais fatigué avant d'avoir fait le moindre pas sur la montagne. Je trouvais l'idée bonne. Ha ha ha!

Au bout du compte, j'allais parcourir 125 km en 11 jours combinant une marche en campagne et une ascension. Le plaisir assuré, quoi!

Le Kilimandjaro vu de bien haut.

Pour mettre une touche d’originalité au récit, j'ai demandé la participation de six athlètes provenant de milieux sportifs et de pays différents afin de discuter de détermination. Les six athlètes impliqués sont :

  • Alona Bondarenko : joueuse de tennis ukrainienne, double championne en simple et quadruple championne en double dont l’Open d’Australie
  • François Legrand : grimpeur français, triple vainqueur du championnat du monde d'escalade et quintuple champion du monde d'escalade du classement général
  • Simon Mtuy : coureur d'ultra longue distance tanzanien, recordman de l’ascension et de la descente la plus rapide du Kilimandjaro
  • Henri Richard : joueur de hockey canadien, onze fois champion de la Coupe Stanley avec les Canadiens de Montréal
  • Carlos Sastre : cycliste espagnol, champion du Tour de France de l’édition 2008
  • Steve Young : joueur de football américain, trois fois champion du Super Bowl avec les 49ers de San Francisco

Au fil d'un an, j'ai recueilli leurs expériences et leurs opinions sur la détermination et sur leur vie sportive. Avec enthousiasme, ils ont partagé leurs connaissances sans la moindre retenue.

De plus, pour mettre du piquant dans l’expédition, je me suis dit pourquoi ne pas faire une entrevue au sommet du Kili. C’est là que Simon Mtuy intervient. Il est le recordman de l'ascension et de la descente la plus rapide du Kilimandjaro sans assistance. Il a réalisé l'exploit le 22 février 2006 en 9 heures 21 minutes 47 secondes. Il est aussi l'ex-recordman de l’ascension et de la descente la plus rapide du Kilimandjaro avec assistance en 8 heures 27 minutes. Je dis bien l'ex-recordman car son chrono a été battu en septembre 2010. Simon a aidé celui qui a battu sa marque, mais je vous en dirais davantage à ce sujet dans un autre chapitre.

Bref, j'ai décidé de réaliser une entrevue de 15 minutes au sommet, à 5 895 mètres d'altitude, où il y a 40 % moins de molécules d’oxygène qu’au niveau de la mer. Bizarre vous pouvez dire! En tout cas, Simon a trouvé l'idée très intéressante. D'ailleurs, il m'a dit que c'est fort inhabituel. Mais bon, vous verrez...

Je savais que je me lançais un bon défi. Je voulais goûter le challenge réellement et ressentir jusqu’au bout des doigts la sensation d'une aventure en altitude. Je crois que j'ai bien choisi.