9 janvier 2011

Vers le sommet du Kilimandjaro

Chapitre 1 – Préparation pour l'ascension du Kili

Thomas Kieller

Nul doute que pour parcourir les 125 km de routes de terre et de sentiers en montagne en 11 jours, je devais me préparer adéquatement.

Le Kilimandjaro, comme toute autre montagne, doit être approché avec le plus grand respect. L'immensité de ce volcan amène naturellement un sentiment d'admiration et de considération.

On m'avait averti que lorsqu'on atteint les 4 000 mètres d'altitude, le challenge devient plus sérieux. Plus on monte, plus l'impact de l'altitude sur le corps est marquant en raison de la raréfaction grandissante de l’oxygène. Or, le Kili culmine l'Afrique à 5 895 mètres. Bien assez pour venir ennuyer la santé du grimpeur mal préparé ou trop téméraire face au mal des hauteurs. Les conséquences sont réels comme la détresse respiratoire, l'œdème pulmonaire (accumulation de liquides au niveau des poumons) et l'œdème cérébral (excès de liquide dans les tissus intra ou extra-cellulaires du cerveau). Dans ces trois cas, la situation peut dégénérer drastiquement et conduire à la mort.

La meilleure façon de s'habituer à la haute-montagne et au travail que cela nécessite c'est de grimper régulièrement et d'une manière graduelle. Pour ma part, j'ai été initié à l'activité lors d'un passage à Innsbruck en 1999. Le paysage de cette ville autrichienne est à couper le souffle avec les nombreux pics acérés. Là, j'ai grimpé le Brandjoch. Depuis cette visite dans la capitale du Tyrol, d'autres montagnes se sont succédées sur mon passage.

J'ai enchainé coup sur coup le mont Fuji au Japon, plusieurs montagnes en Suisse dont le Cervin tout près de la ville de Zermatt et le mont Snowdon au pays de Galles avec un effort soutenu sur la crête du Crib Groch. Toujours des paysages renversants!

À ces randonnées en montagne, il faut aussi un entraînement régulier. Suivi par une spécialiste en kinésiologie et en nutrition, je me suis préparé à l'effort que l'ascension du Kilimandjaro nécessite avec des exercices dans une salle de conditionnement physique. Puis, j'ai mesuré ma forme en effectuant plusieurs tests sur un vélo stationnaire et sur un tapis roulant. À l'aide d'un médecin motivé à bloc par mon aventure, j'ai fait aussi une évaluation de mon état de santé par une batterie de tests médicaux. Ainsi, j'ai eu le feu vert pour la Tanzanie.

Je savais que toute cette préparation allait rendre l'aventure plus facile et combien plus agréable. Je me sentais prêt pour l’ascension du Kilimandjaro. Enfin, l'Afrique.