30 mai 2004

Felipe

(info sur Felipe)

Le joueur sensationnel

Thomas Kieller

Felipe : Du plaisir sur le terrain.

Talentueux au plus au point, Felipe est un fin passeur et a un contrôle du ballon renversant. Créatif et possédant une vision éclairée du jeu, il peut rapidement changer le cours d'un match en refilant le ballon à un coéquipier démarqué ou en accomplissant une action technique prodigieuse. Les supporteurs de Rio sont en extase devant tant de prouesses. Quant à son leadership, il le démontre sur le terrain par l'effort soutenu qu'il fournit d'un match à l'autre. Le capitaine du Flamengo est présentement l'un des deux meilleurs joueurs du championnat brésilien. Il est tout simplement un joueur sensationnel que les Brésiliens et Brésiliennes adorent.

L'entrevue a été réalisée le 6  février 2004 à 18h dans un petit bistrot tout près du terrain d'entraînement se trouvant au siège social du Flamengo Football Club à Rio de Janeiro, Brésil. Elle a été faite en anglais et en portugais avec l'aide du traducteur Rodrigo Lins.

Prélude – Felipe revient tout juste d'un entraînement vigoureux qui s'est tenu sous la pluie. Il est manifestement fatigué par l'effort fourni lors de la simulation de match.

Préparation d'un footballeur

Thomas Kieller : Quels sont les habilités et qualités physiques qu'un milieu de terrain, comme toi, doit améliorer?

Felipe : L'aspect physique est très important. Lorsqu'on est milieu de terrain, on est obligé de courir beaucoup, de bouger beaucoup. Il est essentiel d'avoir une très bonne condition physique.

Thomas : Durant la saison, combien de fois t'entraînes-tu par semaine? Et pendant combien d'heures?

Felipe : Je m'entraîne deux heures par jour, parfois seulement une heure et demie. Ça dépend du championnat. Lorsque les matchs se suivent, on n'a pas besoin de s'entraîner beaucoup. Au début d'une saison, généralement on s'entraîne beaucoup.

Thomas : Quels sont les exercices que tu fais lors d'une pratique?

Felipe : Je travaille mon agilité et je fais des exercices de passes et de finition, car ces éléments sont très importants pour un milieu de terrain.

Thomas : Est-ce qu'il est difficile de maintenir ce style de vie, c'est-à-dire de s'entraîner régulièrement?

Felipe : Non, ce n'est pas difficile. C'est évident qu'on doit laisser tomber beaucoup de choses, mais ça vaut la peine quand on fait quelque chose qu'on aime.

Thomas : Tu es reconnu comme un bon passeur et tu as un incroyable contrôle du ballon. Est-ce vrai? Quelles sont tes forces en tant que footballeur?

Felipe : Certaines de mes forces, je les dois au fait d'avoir pratiquer le football intérieur. Ça m'a donné beaucoup plus d'agilité et beaucoup plus de précision au niveau des passes. Je suis conscient de mon importance pour mon équipe. J'essaie de conserver mes qualités, car ma responsabilité est très grande au sein du Flamengo.

Thomas : Tu es d'ailleurs reconnu comme un leader. Comment exprimes-tu ton leadership sur le terrain?

Felipe : J'essaie de guider les plus jeunes joueurs. J'ai 26 ans aujourd'hui et j'ai une certaine expérience. J'ai appris beaucoup de choses avec des joueurs plus âgés (plus expérimentés). J'essaie de transmettre mon expérience aux plus jeunes et de les orienter pour qu'ils puissent faire du bon travail sur le terrain.

Thomas : Hormis le fait que tu t'entraînes fort, est-ce que tu portes une attention particulière à ton alimentation?

Felipe : Je n'ai pas de diète précise, car je n'ai pas tendance à engraisser. Je peux manger comme je veux, car je n'engraisse pas. C'est probablement à cause de mon « biotype ».

Thomas (quelque peu surpris de la dernière réponse de Felipe) : Est-ce que tu as déjà eu une blessure grave?

Felipe : Non, je n'ai jamais été opéré pour quoi que ce soit.

Thomas : Est-ce que tu pratiques ou pratiquais-tu d'autres sports comme le foot-volley, le football sur la plage ou un tout autre sport que le football?

Felipe : J'ai fait du soccer intérieur lorsque j'étais jeune.

Thomas : Aucun autres sports… la natation?

Felipe : J'ai déjà fait de la natation, mais lorsque j'étais enfant. Je ne me suis jamais consacré à la natation. Je crois que c'est un bon sport quand on est enfant.

Thomas : Quel est ton meilleur souvenir de football?

Felipe : J'ai déjà vécu plusieurs moments merveilleux dans ma carrière. J'ai obtenu plusieurs titres. Mais le moment qui m'a marqué le plus, c'est lorsque j'ai obtenu la coupe Libertadores da América. Cette coupe a été très importante pour moi.

Thomas : Quand tu as grandi avais-tu un modèle? Qui était-il et pourquoi?

Felipe : J'ai deux idoles : Roberto Dinamite parce qu'il était le plus grand joueur du Vasco da Gama lorsque j'ai fait mes débuts au sein de cette équipe et Zico à cause de la qualité de son jeu et de sa discipline en dehors du terrain. Il est un très bon exemple à suivre.

Thomas : Selon toi, qui sont en ce moment les meilleurs joueurs du monde et pourquoi?

Felipe : À mon avis, les deux meilleurs joueurs au monde sont Ronaldo du Real Madrid et Ronaldinho Gaúcho de Barcelone. Ce sont deux joueurs sensationnels.

À propos de la ligue de football brésilienne et du Flamengo

Thomas : Quelles sont les caractéristiques de la ligue de football brésilienne en comparaison avec les autres grands championnats comme ceux de l'Angleterre, de l'Espagne et de l'Italie?

Felipe (manifeste un vif intérêt lorsqu'on parle de football brésilien) : Il n'y a pas vraiment de différences au niveau des championnats. Les différences se trouvent dans la façon de jouer. Le football brésilien est beaucoup plus joyeux, beaucoup plus audacieux. Le football italien est beaucoup plus discipliné du point de vue tactique, tout comme celui de l'Angleterre.

Thomas : Quels sont les forces du Flamengo?

Felipe : Une des grandes forces du Flamengo, ce sont ses supporteurs. C'est un grand plaisir de pouvoir jouer pour une des plus grandes équipes, sinon la plus grande, du Brésil. Mais c'est aussi une grande responsabilité, car le Flamengo est connu et a des supporteurs partout au Brésil.

Thomas : Est-ce qu'il y a un feeling spécial à jouer pour une équipe de Rio de Janeiro?

Felipe (plus emballé) : C'est merveilleux de pouvoir jouer à Rio, car c'est ici que je suis né et c'est ici que vit ma famille. Lorsque je joue ici, je sens la présence de ma famille.

Thomas : Rio est une ville aux nombreuses trépidations. On peut le voir dans le style de vie des huit millions de gens qui y vivent. Est-ce que ce rythme de vie peut affecter ton jeu? Que fais-tu pour éviter tous les éléments qui pourraient nuire à ta performance sur le terrain?

Felipe : Un joueur doit avoir la tête sur les épaules. Il doit agir en tant que professionnel. Je suis jeune. J'aime sortir, aller dans les boîtes de nuit, danser, profiter de la vie à Rio, aller à la plage, mais je crois qu'il y a un temps pour chaque chose. Il y a un temps pour se donner à son équipe, un temps pour s'amuser. C'est sûr qu'il faut laisser tomber certaines choses, mais on peut toujours profiter de la vie sans que cela affecte notre performance physique.

Thomas : Il y a des rivalités entre les équipes de Rio, surtout entre le Flamengo et le Vasco da Gama. Est-ce que ce type de confrontation t'aide à mieux jouer?

Felipe : Cette rivalité entre les grandes équipes est bonne et amusante. Elle existe dans tous les pays. J'ai déjà joué plusieurs années pour le Vasco et quand je suis allé jouer pour le Flamengo, j'ai été très bien reçu. Au départ, c'est vrai qu'il y avait une certaine méfiance des gens, parce que j'avais joué longtemps pour le Vasco. Mais aujourd'hui je suis très heureux de jouer pour le Flamengo. Je trouve que c'est très plaisant de jouer lorsqu'il y de la rivalité entre deux grandes équipes.

Thomas : Dimanche dernier, il y a eu une partie extraordinaire entre le Flamengo et le Fluminense au stade Maracanã. Ton équipe perdait 3 à 1, mais elle est revenue de l'arrière et à compter trois buts en 15 minutes. Est-ce que tu peux commenter cette performance?

Felipe : C'était un match émouvant. Les gens qui étaient au Maracanã ont dû l'apprécier. C'était un match très ouvert. Les deux équipes créaient des situations permettant de marquer des buts. Même si le Flamengo perdait au début, il jouait mieux. Le résultat aurait été injuste, si on avait conservé ce score de 3 à 1. Mais l'équipe a redoublé d'efforts et a réussi à inverser le score. Ce fut un des meilleurs matchs auquel j'ai participé. Les gens qui étaient au Maracanã sont retournés chez eux satisfaits.

Thomas : Est-ce que les supporteurs du Flamengo sont très enthousiastes? Est-ce que leur support aide l'équipe à gagner?

Felipe : Malgré les difficultés financières que l'équipe vit actuellement, tout le monde (les supporteurs, les joueurs…) est très enthousiaste. Le nouveau comité directeur essaie de régler les problèmes de l'équipe et nous poursuivons actuellement le but d'obtenir le titre de champion de l'État de Rio.

Thomas : Si nous sommes à Rio, est-ce qu'on devrait aller voir un match du Flamengo au stade Maracanã?

Felipe : La ville de Rio offre aux gens l'occasion non seulement de visiter de beaux sites, mais aussi d'assister à des matchs passionnants, comme celui entre le Flamengo et le Fluminense. Je conseillerais aux gens qui veulent connaître Rio d'aller voir un de ces matchs.