24 janvier 2011

Vers le sommet du Kilimandjaro

Chapitre 5 – Un pas vers le Kilimandjaro

Thomas Kieller

Photos – Copyright United Athletes Magazine

Le chemin menant à la ferme Simba.

Après la marche de 60 km, je recherchais un peu de repos et je l'ai trouvé à la ferme Simba où les propriétaires Yoka et Sjouke Bruinsma possèdent 2 200 hectares de terre. Ils y font l'agriculture de maints légumes et l’élevage d’animaux.

À mon arrivé en après-midi, l’Hollandais Wim van Leara, qui est le frère de Yoka, m'a accueilli et m'a offert son hospitalité, car les propriétaires étaient absents ce jour-là. Wim, qui me voyait un peu fatigué par l'effort de la randonnée, m'a invité à prendre une bonne bière dans le jardin principal tout en regardant le couché du soleil et le mont Méru au loin. Dans ces conditions-là, nul besoin de ce précipiter et j'ai donc profité du paysage pour me détendre.

Ensuite, autour d'une bonne table, nous avons partagé un repas constitué de produits venant de la ferme. On le sait bien, la fraîcheur des aliments fait toute la différence. Le goût des mets n'en est que rehaussé. Lors de ce souper, j'ai échangé quelques histoires colorées avec Wim qui est un solide gaillard de deux mètres et qui est le superviseur principal de la production des légumes. Il a aussi travaillé dans de nombreuses grandes fermes en Europe, en Afrique et en Asie. Jumelé à ses études dans le domaine, il connaît vraiment bien son métier! Et depuis quelques années, il travaille et demeure à la ferme Simba qui se trouve au pied du Kilimandjaro. Il m'a expliqué quelles sont les activités qui doivent être faites pour la production des légumes tout en me racontant ses expériences en Tanzanie. Ainsi, j'avais la vision d'un Européen sur la situation locale...

Le lendemain, nous avons fait une visite des champs où de nombreux travailleurs s'affairaient à leurs tâches quotidiennes. Mon hôte m'a mentionné qu'à chaque grande récolte du blé, qui sert entre autres à produire la fameuse bière locale appelée Kilimanjaro, il y a 400 Tanzaniens dans les champs. Quelle que soit la saison, il est évident que du travail il n'en manque pas sur cette ferme où les bras des hommes et des femmes viennent grandement soutenir la machinerie agricole. On peut comprendre que pour gagner son pain et son beurre en Tanzanie, il faut travailler fort. Depuis mon arrivée dans ce pays, j'ai vu un contraste énorme entre leur style de vie et le mien.

Le séjour à la ferme Simba m'a permis de reprendre de l'énergie. J'enchaînais maintenant avec sept jours de montée et deux jours de descente.

Mais avant d'entreprendre l'ascension, j'ai fait la rencontre de Simon Mtuy avec qui j'allais monter le Kilimandjaro. Ce guide tanzanien, qui a plusieurs années d'expérience derrière lui, a fait plus de 400 expéditions sur ce volcan. Il est aussi un excellent coureur de longue distance puisqu'il est d'ailleurs le recordman de l’ascension et de la descente la plus rapide du Kilimandjaro sans assistance et l'ex-recordman avec assistance. Il m’a raconté qu'en août 2010, il a entraîné et aidé dans sa préparation un coureur espagnol, Kilian Jornet. Ce dernier a battu le record de l’ascension et de la descente la plus rapide du Kilimandjaro avec assistance en 7 heures 13 minutes 50 secondes. Une impressionnante performance! Simon est très fier d’avoir contribué à sa réalisation. Coloré et déterminé, il est en plus le propriétaire de la Summit Expeditions and Nomadic Experience1 qui organise des expéditions sur le Kilimandjaro. J'étais donc bien content de faire l'ascension avec lui.

D'ailleurs, je voyais pour la première fois tous les membres de l'équipe : le guide Simon, l'assistant-guide Jacksoni, le cuisinier Kiplet, le serveur Ernest, les 14 porteurs et un couple de Canadiens faisaient aussi parti de l'ascension.

Mes deux objectifs principaux lors de cette ascension étaient d'arriver au sommet de la montagne et d'y faire une entrevue avec Simon.

Par un matin ensoleillé d'octobre, l'équipe a débuté cette marche de neuf jours en passant par la porte de Londorossi qui est à 2 100 mètres d'altitude sur le flanc ouest de la montagne, puis nous avons emprunté la route Lemosho. Au bas de la montagne, nous avons vu des centaines de Tanzaniens travaillaient dans un contexte d'exploitation forestière. Certains experts disent que cette activité humaine aurait un certain impact sur la fonte des glaciers anciens se trouvant dans le cratère.

Un passage dans la forêt du Kilimandjaro.

C'est parmi les conifères que nous avons débuté la montée pour ensuite poursuivre le chemin dans une forêt de feuillus. Au point de vue du décor, j'adore toujours le passage en forêt, car l'atmosphère me détend et le paysage est tout simplement magnifique. D'ailleurs, la végétation africaine a beaucoup de surprises à offrir à l'étranger. Maintenant, je ressentais la frénésie. J’étais dans un environnement bien différent de chez-moi.

1. Thomas a demandé les services de la Summit Expeditions and Nomadic ExperienceCe lien ouvrira dans une nouvelle fenêtre. (bureaux à Moshi) afin de s'occuper de la logistique relativement à l'ascension du Kilimandjaro.