20 juillet 2011

Vers le sommet du Kilimandjaro

Chapitre 11 – Au sommet de l'Afrique

Thomas Kieller

Photos – Copyright United Athletes Magazine

Après un court repos dans le cratère, je prenais maintenant l'assaut final vers le sommet avec Simon Mtuy. Mon aventure sur le Kilimandjaro arrivait bientôt à sa fin. Je ressentais un peu d'amertume après une semaine de montée, mais en même temps je goûtais le plaisir que j'arrivais à mon objectif final.

J'ai dit à Simon qui était à quelques mètres devant moi : « Donne-moi le tempo de la marche. » Et comme un métronome, le recordman de l'ascension et de la descente la plus rapide du Kili (sans assistance) montait tranquillement, d’une façon rythmée et d'un pas certain. J’appréciais chaque enjambée qui m’amenait un peu plus près du sommet et un état de frénésie m’envahissait.

En prenant une courte pause sur un bloc de roche et en discutant avec Simon, j'ai pu faire une réflexion sur l’aventure des dernières journées. C'est là qu'on s'aperçoit qu'on se sent bien par toutes les actions entreprises. À quelques dizaines de mètres du point culminant de l’Afrique, j’ai ressenti une grande satisfaction et l’arrivée au sommet a marqué le devoir accompli.

L’équipe à Arrow Glacier Camp.

D’ailleurs, le pic du Kili se nomme en kiswahili Uhuru que l’on peut traduire en français par le mot « Indépendance ». Cette partie de la montagne a une valeur symbolique pour les Tanzaniens et représente un épisode marquant de leur pays. En effet, ils ont gagné leur indépendance en 1964; c’est quand même assez récent. C'est un peu la sensation d'être libre qu'on ressent à 5 895 mètres d'altitude lorsqu'on regarde vers le bas tout en voyant les anciens glaciers, le cratère et les formes montagneuses de différentes couleurs.

Dans l’allégresse du moment, j'ai sorti mon microphone pour échanger avec Simon sur sa passion qu'est la montagne, sur le Kilimandjaro et tout ce que ce volcan offre au point de vue des paysages, de la nature et des valeurs humaines qui en découlent lors de son ascension. Cette entrevue avait une saveur particulière pour moi en raison du contexte africain, du décor incroyable et qu’en haute altitude la respiration est bien différente!

Les formes et les couleurs du cratère du Kilimandjaro.

Puis, nous avons laissé le sommet en courant sur le flanc de la montagne et en glissant dans la poussière volcanique afin de rejoindre bien plus bas le campement. Avant que le soleil se couche, j'ai jeté un dernier regard vers le sommet du Kilimandjaro... et j'ai compris la chance que j’aie eue de vivre cette aventure singulière.