12 juin 2017

Sally Fitzgibbons

(info sur Sally Fitzgibbons)

Du plaisir sur la vague

Thomas Kieller

Photos 1 et 2 – Copyright Fitzgibbons International

Photo 3 – Copyright World Surf League (WSL)

Sally Fitzgibbons : Aussie girl.

Fluide et puissante sur sa planche, Sally attaque les vagues sans retenu. Que ça soit à Rio, Taranaki ou à Bells Beach, elle fonce dans les défis en utilisant à bon escient sa bonne condition physique qu’elle a forgée au fil du temps. Plus jeune, elle a pris part à de nombreuses activités sportives dont le cross-country. Avec son bagage athlétique, elle exécute des manœuvres dynamiques. L’Australienne démontre aussi continuellement sa bonne compréhension de la vague. Elle sait s’adapter rapidement aux différentes situations que la mer lui impose lors des compétitions relevées qu’elle prend part. D’ailleurs, son palmarès sur la World Championship Tour est reluisant avec tout près d’une dizaine de victoires à son actif. De plus, elle a fini la saison au 2e rang du classement général mondial à trois reprises. Sans aucun doute qu’elle vise toujours la plus haute marche du podium. La surfeuse originaire de la petite localité de Gerroa ne manque pas de détermination. Souvenons-nous de sa victoire en 2015 à Tavarua, Fiji où elle s’est perforée le tympan… Elle a réussi à surmonter ce moment difficile en remportant la grande victoire. La « Aussie Girl » ne s’arrête pas qu’au surf. Elle s’investit aussi socialement dans sa communauté sur le plan de la santé et du fitness. Il en reste que lorsqu’on voit Sally flotter sur la lèvre d’une vague ou bien surfer au sein d’une large vague tubulaire, il est possible de ressentir cette sensation de liberté qui définit si bien ce sport.

L’entrevue écrite a été faite le 25 mai 2017. Celle-ci a été réalisée en anglais.

Entraînement

Thomas Kieller : Les femmes de la « World Championship Tour of surfing » sont en grande forme. Est-ce que tu t’entraînes en gymnase et qu’est-ce que tu y fais comme exercices?

Sally Fitzgibbons : Le surf est vraiment un sport holistique. Tu dois faire un entraînement qui touche plusieurs facettes afin d’être au top niveau de ce sport. D'ailleurs, la semaine amène beaucoup de variété et ce que je fais est influencé par où et quand se retrouveront les bonnes vagues sur la côte. J’organise de cette manière mon entraînement terrestre. Je fais des exercices de force et de puissance en gymnase. Les séances de cardio, je les fais à l’intérieur et à l’extérieur en faisant de la course, du vélo, de la natation, de la corde à danser, de la boxe ou bien cela peut-être aussi une combinaison de tout cela. Je termine mon entraînement en introduisant différents activités à travers l’année comme le yoga, la méthode Pilates, des sessions de respiration et de méditation.

De plus, c’est grâce à ma passion pour l’entraînement et les sports que j’ai créé une application appelée « All Australian Beach Body ». Ainsi, il est possible de s’entraîner à ma façon avec « Train Like SallyCe lien ouvrira dans une nouvelle fenêtre. ».

Thomas : Un surfeur doit être explosif quand il fait des manœuvres comme le « snap », le « roundhouse cutback » et bien d’autres mouvements. Est-ce que l’entraînement physique te permet de t’exprimer plus librement sur les vagues?

Sally : Le surf est à l’origine une forme d’expression libre. Par contre, depuis que c’est devenu un sport professionnel ce n’est pas différent des autres sports, c’est-à-dire que la force et le fitness aide dans tous les aspects. En d’autres mots, l’entraînement me permet d’être une meilleure surfeuse. Présentement, du côté des femmes, le sport passe définitivement par cette phase de développement.

Sally Fitzgibbons : Elle surfe dans une vague tubulaire à Cape Fear, tout près de Sydney, Australie.

Thomas : La puissance est une chose, mail il faut aussi de l’agilité et de la stabilité sur la planche de surf. Qu’est-ce que tu fais comme exercices pour améliorer ton équilibre?

Sally : Il y a beaucoup d’exercices que tu peux faire pour améliorer cet aspect. Incorporer des exercices dans ton programme d’entraînement sur des surfaces instables comme sur un trampoline ou un ballon t’apportera ce que tu as de besoin à ce niveau. Le skateboard peut aussi aider quand les vagues ne sont pas au rendez-vous.

Thomas : Est-ce que tu fais des exercices pour ton système cardio-respiratoire? Est-ce que c’est un aspect qui est vraiment nécessaire à développer pour le surf?

Sally : Pour moi, cela a été une partie importante de mon développement. Avant que j’aboutisse dans le monde du surf, je faisais de la course à pied. J’ai d’ailleurs fait de la compétition de haut calibre chez les juniors où j’ai remporté l’or aux Jeux olympiques de la jeunesse au 800 m. et au 1 500 m. Donc, je suis habituée à faire du kilométrage pour le cardio. J’ai aussi joué au soccer qui aide beaucoup pour l’endurance. Je crois que c’est bénéfique d’avoir un bon cardio pour les épreuves qui nécessitent beaucoup de pagayer avec les mains et aussi lorsque la planche de surf est de bonne dimension et que tu te retrouveras sous l’eau pour des périodes plus longues.

Thomas : Tu sembles apprécier d’incorporer de nouveaux exercices et de nouvelles activités dans ton programme?

Sally : Je pense continuellement à brasser les choses afin de renouveler mon entraînement. Ceci m’aide à garder ma motivation. D’une certaine manière, c’est de là que l’idée de « Train Like Sally » m’est venue.

Thomas : Avec tes compétitions et le voyagement qui va de pair, est-ce que c’est facile de maintenir ta bonne habitude de t’entraîner? Et est-ce que cela t’incite à improviser un peu…

Sally : Tu dois définitivement improviser lorsque tu voyages autant que je le fais. Je voyage avec de l’équipement d’entraînement de base comme des élastiques, des poids et mon ballon d’entraînement. Pour le reste, cela provient de l’environnement où je me retrouve. S’il y a des collines de sable, des marches et des sentiers en montagne, ce sont mes premières activités qui m’interpellent. Après, je vais dans les piscines et gymnases locaux où je fais un programme d’entraînement avec les éléments présents.

Thomas : Actuellement, qu’est-ce que tu aimerais améliorer concernant ta condition physique ou bien à propos de l’aspect technique du surf?

Sally : Je suis super excitée et motivée de continuer à travailler sur l’aspect technique du surf ce qui comprend les vagues tubulaires et les grandes vagues, mais aussi les manœuvres aériennes. Je pense que le surf est un travail continu pour la vie. Tu peux toujours trouver un aspect où tu peux te surpasser et te sortir de ta zone de confort afin de progresser.

Style de vie actif

Thomas : On voit bien qu’être actif est dans ton sang. Toutefois, nous vivons dans une ère où les gens sont bien passifs sur le plan de l’activité physique. Des statistiques démontrent que deux adultes australiens sur trois font de l’embonpoint ou sont obèses et qu’un enfant australien sur quatre souffre de cette situation aussi. Il y a des similarités en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde. Qu’est-ce qui t’a inspiré à faire quelque chose à ce sujet? Et quels sont les objectifs de ta fondation appelée Sally Fitzgibbons FoundationCe lien ouvrira dans une nouvelle fenêtre.?

Sally : La première fois que j’ai vu ces statistiques, j’en fus dévastée. Il s’agit d’une condition qui est vraiment évitable. Je suis bien fortunée d’avoir un style de vie actif et en santé. Depuis mon jeune âge, mes parents m’ont toujours encouragé. Cela vient me chercher quand quelqu’un me dit que je suis chanceuse de pouvoir me lever tôt et d’être motivée à faire de l’exercice. Dès lors, j’explique à cette personne qu’au début je mettais quatre alarmes pour être certaine que j’allais me lever et que c’est parfois un travail difficile de le faire encore.

J’ai un rêve (DREAM : DRop Everything And Move) qui se traduit par « Lâche tout et bouge » pour au moins 30 minutes par jour. Ceci est le mantra de la fondation. Concernant mon travail avec l’organisation, j’ai lancé un événement qui incite à un style de vie actif. Il s’agit de la « International Beach Festival » à Sydney, Australie. Cela comprend tout ce que j’aime à propos d’être actif et de bouger dehors, comme c’est le cas avec le surf, la course, la natation dans l’océan, apprendre aux jeunes à surfer et bien plus. C’est un début. J’envisage de travailler avec des gens qui ont le même état d’esprit afin de faire une différence à ce sujet.

Thomas : Donc, quand tu étais plus jeune, tu as fait beaucoup de sports et d’activités physiques.

Sally : Oui c’est sûr. J’ai fait de la course, du soccer, du touch football, du basket-ball, du sauvetage sportif, du hockey sur gazon et du surf. Lorsque je n’étais pas à l’école ou entrain d’étudier, je faisais du sport organisé et c’était amusant.

Bonnes sensations sur la vague

Thomas : Quels sont les sensations plaisantes que tu obtiens du surf et de la compétition?

Sally : Comme je l’ai mentionné, le surf est un style de vie pour bien des gens. Ils consacrent leur vie autour de cela depuis qu’ils sont tout jeune et ils poursuivront sur cette voie jusqu’à l’âge de 70 ans et davantage. De plus, le surf permet d’être en contact avec son environnement et tu deviens bien conscient de la météo et de ce qui arrive autour de toi, ce que j’aime bien. Cela va jusqu’à reconnaître que la rosée estivale qu’il y a chez-moi signifie que les vents du nord-est vont souffler plus tard dans la journée. J’aime beaucoup savoir cela.

La compétition c’est tout à fait autre chose. J’apprécie vraiment le jeu de la compétition, mais ceci n’est pas la tasse de thé de tout le monde. C’est un travail fantastique depuis les dix dernières années et cela m’a permis de voyager à travers le monde, de voir des places incroyables et de rencontrer des personnes intéressantes.

Thomas : Chaque place de surf a ses caractéristiques et ses charmes. À titre de surfeuse, est-ce que tu développes une relation avec la vague et les lieux où que tu pratiques ton sport?

Sally : Toutes les places de surf ont des différents défis et amènent leurs souvenirs. Cela peut venir du fait que tu as bien performé là-bas, que les conditions de surf étaient mémorables ou que tu as surmonté quelque chose.

Le moment le plus mémorable pour moi et la situation la plus difficile que j’ai dû surmonter est ma victoire en 2015 lors du Fiji Women’s Pro après m’avoir perforé le tympan au 2e tour. Je me suis mise un bandage à la tête et à l’oreille, puis je suis revenue afin de donner le meilleur de moi-même. Ne jamais perdre espoir et se battre jusqu’à la fin est mon approche en compétition. Et finalement, j’en suis venue à gagner l’événement. Depuis cela, je sens que je peux accomplir n’importe quoi et j’ai toujours ces souvenirs en mémoire lorsque je retourne aux Fiji.

Sally Fitzgibbons : Après s’être perforée le tympan au 2e tour du Fiji Pro à Tavarua, elle revient et se mesure à une autre grande vague.

Thomas : Finalement, est-ce que tu penses que le surf est une partie intégrante de l’esprit australien avec l’océan et le soleil qui brille?

Sally : L’océan et les belles plages entourent l’Australie et je pense que bien des gens dans le monde croient que tous surfent en Australie. Le surf est définitivement un gros morceau de notre culture avec beaucoup de champions provenant de ce sport qui agissent comme modèles. J’aime bien penser que cela fait partie de l’esprit australien.